Les Seychelles ne sont pas le premier endroit auquel on pense pour les grands festivals de musique — à tort. Début mai, Victoria a vécu trois jours au rythme du reggae : Mahé accueillait Travayer 2026, et rien que le premier jour, près de cinq mille personnes sont venues. Pour un pays dont la population entière est inférieure à cent mille habitants, le chiffre est parlant.
Le festival se tient chaque année depuis 2024 et coïncide avec la Journée internationale des travailleurs — d'où son nom : en créole, « travayer » signifie « travailleur ». Les organisateurs réunissent sur une même scène des artistes du monde entier et des interprètes locaux ; la programmation en ressort joliment métissée, des sonorités caribéennes à la musique seychelloise.
Pour un festival aussi jeune — c'était sa troisième édition — une telle affluence signifie que l'événement s'est vite ancré dans le calendrier des îles.
Le grand nom de l'affiche était le musicien seychellois Philippe Toussaint. Son style mêle reggae, séga et seggae à d'autres genres caribéens — ce qui illustre au fond assez bien la façon dont fonctionne la musique locale.
Une précision pour les non-initiés : le séga est un genre dansant traditionnel des îles de l'océan Indien, héritage des Africains réduits en esclavage, porté par un rythme et des tambours caractéristiques. Le seggae est un hybride plus tardif du séga et du reggae jamaïcain, né à Maurice. Entendre tout cela en direct dans un même set, c'est exactement ce pour quoi l'on vient à un tel festival.
La programmation dépasse largement les concerts. Travayer propose aussi des spectacles de feu, un salon automobile et des compétitions de sports nautiques — plus proche d'une fête urbaine que d'un open-air musical classique. On peut venir en famille et rester la journée : même si le reggae n'est pas votre tasse de thé, il y a de quoi regarder.
Si vous hésitez sur la période pour partir aux Seychelles, le début mai est de toute façon une bonne fenêtre : la mousson du nord-ouest s'achève, la mer se calme, et le flux touristique n'a pas encore atteint son pic. Travayer y ajoute une occasion rare de voir comment les Seychellois eux-mêmes se détendent, et pas seulement les clients des hôtels.
Repères pratiques pour l'an prochain :
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